Histoire de St-Hippolyte

Saint-Hippolyte (68)

 

Situé dans le Haut-Rhin, près de Sélestat, sur le piémont des Vosges, le village de Saint-Hippolyte compte un peu plus de 1000 habitants.

Dominés par le château du Haut-Koenigsbourg, les 300 hectares de vignoble en contre-bas ont fait la réputation du village sur la route des vins d’Alsace, notamment avec l’appellation Rouge de Saint-Hippolyte.

Peinture d’une relique représentant Hippolyte le martyre

armoirie

Armoirie de Saint-Hippolyte

 

Fondé par l’abbé Fulrad qui y construit un prieuré en 760, le village doit son nom aux reliques de Saint-Hippolyte que l’abbé, homme très influent et estimé en cette époque, se vît remettre à Rome par le Pape Etienne II. Le village se développe autour de ce monastère, en même temps que celui de Lièpvre, fondé par le même abbé en 770. Le blason de la commune de Saint-Hippolyte met d’ailleurs en scène le martyr condamné à mort, traîné par des chevaux.

D’abord rattaché au prieuré de Lièpvre puis à l’abbaye de Saint-Denis, près de Paris, Saint-Hippolyte acquiert ensuite son indépendance.

Dès le 11ème siècle, la petite ville devient une enclave lorraine en Alsace. Après avoir été envahie et incendiée en 1287 par Anselme II de Ribeaupierre, alors en guerre contre l’Empereur Rodolphe, la ville s’entoure de fortifications édifiées par les Ducs de Lorraine. Réputée alors impénétrable, la ville de Saint-Hippolyte sera, de par sa situation géographique et ses richesses, l’objet de nombreuses convoitises. Ses vins ont déjà bonne réputation et sont très appréciés des Lorrains qui en font transiter de grandes quantités.

Le 14ème siècle représente une période noire pour le village, qui verra sa population, comme le reste de l’Alsace, décimée par la peste en 1349 et un tremblement de terre dévastateur en 1356.

Mais la volonté et la ténacité de ses habitants le font renaître de ses cendres jusqu’à redevenir un village prospère, qui ne manquera pas d’attirer l’attention des Armagnacs – mercenaires sanguinaires – qui s’empareront de la cité jusqu’en 1445, pillant les maisons et expropriant les villageois. Mais face à la résistance de ces derniers, les Armagnacs quittent le village, le laissant à la proie des flammes avant de partir. A nouveau, les villageois ne se laissent pas abattre et reconstruisent le village et les vignes de leurs mains.

Le 16ème siècle est marqué par une chasse aux sorcières acharnée, condamnant au bûcher de pauvres femmes accusées d’avoir fait tourner le vin ou tomber la grêle sur les vignes.

Puis Saint-Hippolyte est de nouveau touché de plein fouet par la peste au 17ème siècle et ne compte plus en 1632 que 232 habitants. Entre temps, le village alsacien, comme le reste de la région, est malmené par les invasions des Suédois pendant la Guerre de Trente Ans (1618-1648) et bombardé en 1633. Face à un bourg et un vignoble en cendres, dont il n’y a plus aucun profit à tirer, les Suédois se retirent, laissant aux habitants la lourde tâche de reconstruire à nouveau leur village.

700 ans après le rattachement à la Lorraine, Saint-Hippolyte – comptant alors 1600 habitants – est annexé au Royaume de France en 1766.

Le village partagera les siècles suivants l’histoire de l’Alsace, tantôt française, tantôt allemande, jusqu’à réintégrer le territoire français à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

L’Histoire, qui a construit la petite cité viticole, se laissera volontiers conter aux passants au gré de leur promenade. Ils y découvriront les remparts qui bordent encore la ville aujourd’hui et pourront admirer l’ancien château des Ducs de Lorraine. Imposante bâtisse blanche édifiée au 17ème siècle à l’angle nord de l’enceinte de la ville, elle leur servait de pied-à-terre.